Stratégie de vie: le pouvoir de la vulnérabilité et de la honte comme source du courage et de l’authenticité

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Les recherches en science sociale de Brené Brown sont fondamentales pour ceux qui prennent le chemin de l’autoconnaissance.

Nous vivons conditionnés, dans ce matrix dans lequel nous sommes immergés et éduqués, Brené Brown nous donne l’occasion de croire en nous, nous re-connaître et d’arrêter de croire et de se faire manipuler par le système et de se placer au dessus. La recherche nous permet de nous former et d’être sceptique.

Il s’agit, là encore, d’élargir le champ de nos conceptions et de nos perceptions pour changer concrètement et fondamentalement notre façon de vivre, d’aimer, de travailler, et d’élever nos enfants.

Ce qu’on ne peut pas mesurer n’existe pas.

Elle a réalisé que les relations humaines sont la raison de notre présence sur terre. C’est ce qui donne un but et du sens à nos vies. Tout tourne autour de cela. Peu importe que vous en discutiez avec des gens qui travaillent dans le secteur de la justice sociale, ou bien de la santé mentale, ou de la maltraitance, ou de la négligence parentale, ils vous diront tous que les relations, la capacité d’entrer en relation, c’est — sur le plan neurobiologique, nous sommes conçus ainsi — c’est la raison de notre présence sur terre.

Vous connaissez cette situation où vous avez un entretien d’évaluation avec votre patron, et il vous parle de 37 choses que vous faites incroyablement bien, et puis d’une chose —  » Une occasion de vous améliorer. » Et tout ce que vous retenez, c’est cette « occasion de vous améliorer », pas vrai ?

Et bien, à première vue, c’est également la direction que son travail a pris, parce que, quand elle a interrogé les gens sur :

  • l’amour, ils ont parlé de chagrin.
  • le sentiment d’appartenance, ils ont raconté leurs plus atroces expériences où ils étaient exclus.
  • les relations humaines, les histoires qu’ils ont racontées parlaient d’isolement.

Aussi très rapidement — en fait après seulement six semaines de recherches — elle a buté sur cette chose sans nom qui détruisait totalement les relations d’une façon qu’elle ne comprenait pas, et qu’elle n’avais jamais vu.

Le processus de la honte

Elle prit un peu de recul sur sa recherche et elle s’est dit: « il faut que je comprenne ce dont il s’agit ».

Elle découvrit qu’il s’agissait de la honte.

On peut vraiment comprendre la honte facilement si on la considère comme la peur de l’isolement. Il y a-t-il quelque chose chez moi qui ferait que, si d’autres le savaient ou le voyaient, je ne mériterais pas d’être en relation avec eux ?

Il y a une chose que je peux vous en dire : c’est universel ; on a tous ça.

Les seules personnes qui n’éprouvent pas la honte sont celles qui sont incapables d’empathie ou de relations humaines.

Personne ne veut en parler, et moins on en parle, plus on la ressent. Ce qui est à la base de cette honte, ce « Je ne suis pas assez bien « , — qui est un sentiment que nous connaissons tous :

  • Je ne suis pas assez neutre.
  • Je ne suis pas assez mince,
  • pas assez riche,
  • pas assez beau,
  • pas assez malin,
  • pas assez reconnu dans mon travail…

Ce qui est à la base de tout ça, c’est une atroce vulnérabilité, cette idée que:

Pour pouvoir entrer en relation avec les autres, nous devons nous montrer tels que nous sommes, vraiment tels que nous sommes.

Notre société enseigne à haïr la vulnérabilité , surtout le genre masculin qui en est victime..

Mais comment démêler toute cette histoire? Comment complètement déboulonner la honte?

Brené Brown à cherché à comprendre comment fonctionne la vulnérabilité.

Commencer à comprendre la vulnérabilité

Résumer 10 ans de recherche n’est pas chose facile mais c’est la chose la plus importante que Brené Brown a apprise, et elle nous l’offre comme contribution au monde de ceux qui sont éveillés où sont en passe de le devenir!

Pour cela elle a compilé des milliers de récits, des centaines de longs entretiens, de groupes de discussion. À un moment, les gens lui envoyaient des pages de journaux, leurs histoires, des milliers d’éléments d’information… Et elle a commencé à comprendre:

Voilà ce qu’est la honte, voilà comment ça marche.

Elle écrivit un livre, publié une théorie, mais quelque chose n’allait pas

… et ce que c’était, c’est qu’elle prenait les gens qu’elle avait interviewé, et qu’elle les divisait grossièrement en deux catégories:

  • ceux qui croyaient vraiment en leur propre valeur: ils ont un fort sentiment d’amour et d’appartenance
  •  et ceux qui ont du mal avec ça, ceux qui se demandent tout le temps si ils sont assez bien.

Il n’y avait qu’une variable qui différenciait ceux qui ont un fort sentiment d’amour et d’appartenance de ceux qui ont vraiment du mal avec ça. Et c’était que ceux qui ont un fort sentiment d’amour et d’appartenance pensent qu’ils méritent l’amour et l’appartenance.

C’est tout. Ils pensent qu’ils le méritent.

 

Mériter l’amour et l’appartenance

Et pour Brené Brown, la chose qui nous prive de relations humaines est notre peur de ne pas mériter ces relations, tant sur le plan personnel comme professionnel.

Elle a alors repris toutes les interviews dans lesquels elle pouvait voir des gens qui croyaient mériter, qui vivaient ainsi, et elle les a simplement examinés attentivement.

Qu’ont en commun tous ces gens ?

Elle les a classifié comme « sans réserve ». Ce sont des gens sans réserves, qui vivent avec ce sentiment profond de leur valeur. Mais quel est le thème ? Quel est le motif ?

Et voici ce qu’elle a trouvé: ce qu’ils avaient en commun, c’était un sens du courage.

Il faut expliquer la distinction entre le courage et la bravoure. Le courage, la définition originelle du courage, lorsque ce mot est apparu dans la langue, il vient du latin « cor », qui signifie « cœur », et sa définition originelle était : raconter qui nous sommes de tout notre cœur.

Ainsi, ces gens avaient, très simplement, le courage d’être imparfaits:

  • Ils avaient la compassion nécessaire pour être gentils, tout d’abord avec eux-mêmes, puis avec les autres, car, à ce qu’il semble, nous ne pouvons faire preuve de compassion envers les autres si nous sommes incapables d’être gentils envers nous-même.
  • Ils étaient en relation avec les autres, et, c’était ça le noyau dur, de par leur authenticité, ils étaient disposés à abandonner l’idée qu’ils se faisaient de ce qu’ils auraient dû être, de façon à être qui ils étaient, ce qui est un impératif absolu pour entrer en relation avec les autres.

L’autre chose qu’ils avaient en commun était ceci.:

Ils adoptaient complètement la vulnérabilité.

Ils pensaient que ce qui les rendait vulnérable les rendait également beaux. Ils ne prétendaient pas que la vulnérabilité était confortable, ni qu’elle était atroce. Ils disaient juste qu’elle était nécessaire. Ils parlaient de la volonté de dire « Je t’aime » le premier, la volonté de faire quelque chose quand il n’y a aucune garantie de réussite, la volonté de ne pas retenir son souffle en attendant le coup de fil du médecin après une mammographie. Ils étaient prêts à s’investir dans une relation qui pourrait marcher, ou pas. Ils pensaient que c’était essentiel.

Pour Brené Brown ce fut un choc, sa mission de scientifique, de contrôler et de prévoir, aboutissait au résultat que la meilleure façon de vivre est d’accepter sa vulnérabilité, et d’arrêter de contrôler et de prévoir.

La meilleure façon de vivre est d’accepter sa vulnérabilité, et d’arrêter de contrôler et de prévoir.

Elle en a même consulté un psychothérapeute… pour son problème de vulnérabilité: car elle savait que la vulnérabilité était au cœur de la honte, de la peur et de notre problème d’estime de soi, mais qu’il semblait qu’elle était aussi la source de la joie, de la créativité, du sentiment d’appartenance, de l’amour.

 

L’importance de la vulnérabilité

Elle savait comment certaines personnes, quand elles réalisent que la vulnérabilité et la tendresse sont importantes, lâchent prise et y vont à fond. Notre société nous formate, nous conditionne d’une toute autre manière: vers le refus et la lutte contre cette vulnérabilité.

Nous récupérons notre vie quand nous prenons conscience de notre vulnérabilité.

Elle est donc retournée à ses recherches et elle a passé deux années à essayer de vraiment comprendre ce que eux, les sans réserve, faisaient comme choix, et ce que nous, nous faisons de la vulnérabilité. Pourquoi est-ce un tel problème ? Est-ce que je suis la seule presonne pour qui c’est un problème ? Non.

Voici donc ce qu’elle e appris. Nous anesthésions la vulnérabilité:

Elle envoya quelque chose sur Twitter et Facebook qui demandait : « Comment définiriez-vous la vulnérabilité ? Qu’est-ce qui vous rend vulnérable ?  »

Et en une heure et demie, elle obtint 150 réponses. Parce qu’elle voulait savoir ce qui se cachait derrière tout ça:

  • devoir demander de l’aide à mon mari/ma femme, parce que je suis malade, et on vient juste de se marier;
  • prendre l’initiative sur le plan sexuel avec mon mari/ma femme;
  • prendre l’initiative avec mon mari/ma femme;
  • être rejeté/e;
  • inviter quelqu’un à sortir;
  • attendre que le docteur rappelle;
  • être virée;
  • virer des gens…

Voici le monde dans lequel nous vivons. Nous vivons dans un monde vulnérable. Et l’une des façons dont nous traitons ce problème, c’est d’anesthésier la vulnérabilité.

Et il y a des preuves de cela, ça n’en est pas la seule raison, c’en est une grande: nous sommes la plus endettée, obèse, accro aux drogues et aux médicaments, de toutes les assemblées d’adultes de l’histoire.

Le problème, et c’est ce que Brené Brown a appris de ses recherches :

on ne peut pas anesthésier ses émotions de façon sélective.

On ne peut pas dire :  » Là, c’est ce qui est mauvais. Voilà la vulnérabilité, voilà le chagrin, voilà la honte, voilà la peur, voilà la déception, je ne veux pas ressentir ces émotions. Je vais plutôt prendre quelques bières et un gâteau à la banane. Je ne veux pas ressentir ces émotions. »

Vous ne pouvez pas anesthésier ces sentiments pénibles sans anesthésier en même temps les affects, nos émotions. Vous ne pouvez pas anesthésier de façon sélective.

Alors quand nous les anesthésions:

Nous anesthésions aussi la joie, nous anesthésions la gratitude, nous anesthésions le bonheur.

Et nous nous retrouvons malheureux, et nous cherchons un but et un sens à nos vies, et nous nous sentons vulnérables, alors nous prenons quelques bières et un gâteau à la banane. Et ça devient un cercle vicieux.

Cesser de rendre certain ce qui est incertain

Une des choses auxquelles nous devrions réfléchir, est le pourquoi et le comment de cette anesthésie. Ça ne peut pas être que de l’accoutumance. L’autre chose que nous faisons est de rendre certain tout ce qui est incertain.

Il faut cesser de rendre certain tout ce qui est incertain!

La religion est passée d’une croyance en la foi et les mystères, à une certitude. J’ai raison, tu as tort. Ferme-la. Point final. C’est certain. Plus nous sommes effrayés, plus nous sommes vulnérables, et plus nous sommes effrayés encore. Voilà à quoi ressemble la politique de nos jours. Il n’y a plus de discours désormais. Il n’y a plus de débat. Il n’y a que la recherche d’un coupable à blâmer.

Brené Brown décrit ce phénomène dans ses recherches comme une façon de se décharger de la douleur et de l’inconfort.

Nous perfectionnons tout.

Si il y a quelqu’un qui voulait que sa vie soit parfaite, c’est bien moi, mais ça ne marche pas.

Parce que ce que nous faisons, c’est de prendre la graisse, d’avoir des tâches de vieillesse et des cheveux blancs!  « Wow… »

Et le plus dangereux, c’est que nous perfectionnons nos enfants.

 

Redevenir responsable

Nos enfants sont conçus dès le départ pour avoir des problèmes.

Et quand vous tenez ces petits êtres parfaits dans vos mains, votre devoir n’est pas de dire : « Regardez-le, il est parfait. Ma tâche est de le garder parfait — m’assurer qu’il intègre l’équipe de tennis dès le CM2, et l’Université de Yale avant la 5ème.  »

Ça n’est pas ça, notre devoir.

Notre devoir, c’est de le regarder, et de lui dire :

 » Tu sais quoi ? Tu n’es pas parfait, et tu es conçu pour avoir des problèmes, mais tu mérites de recevoir de l’amour et d’être parmi nous.

Ça, c’est notre devoir.

Une génération de gosses élevés comme ça réglera les problèmes que nous connaissons aujourd’hui.

Nous aimons croire que nos actions n’ont pas de conséquences sur les autres. Nous faisons cela dans nos vies personnelles. Nous faisons cela dans les entreprises, que ce soit lors d’un renflouement, une fuite de pétrole, une convocation, nous nous comportons comme si nos actions n’avaient pas un énorme impact sur les autres:  » Nous ne sommes pas nés de la dernière pluie, les gars. On a seulement besoin que vous soyez authentiques et vrais, et que vous nous disiez : ‘ Nous sommes désolés. On va régler ça.’  »

Mais il y a une autre voie, et c’est ce qu’a découvert Brené Brown:

C’est d’accepter de se montrer, de se montrer vraiment, de se montrer vulnérable ; d’aimer de tout notre cœur, même s’il n’y a aucune certitude.

Ça, c’est vraiment dur, et en tant que parent, c’est atrocement difficile — de s’exercer à la gratitude et à la joie dans ces moments de terreur, où nous nous demandons :

  • Suis-je capable de t’aimer à ce point ?
  • Suis-je capable de croire en cela avec autant de passion ?
  • Suis-je capable d’être aussi fervent ?

Juste pouvoir s’arrêter et, au lieu de s’imaginer les catastrophes qui risquent d’arriver, de dire :

 » Je suis simplement reconnaissant, parce que me sentir si vulnérable signifie que je suis vivant. « 

Et pour finir, ce qui est le plus important, c’est de croire que nous sommes bien comme nous sommes. Parce que quand on écoute la petite voix qui nous dit :  » Je suis bien comme je suis « , alors nous arrêtons de hurler, et nous commençons à écouter, nous devenons plus gentils et plus doux avec notre entourage, et nous sommes plus gentils et plus doux avec nous-mêmes.

 

Pourquoi Brené Brown est un référent inspirant:

Brené Brown
Brené Brown

Elle a étudié la vulnérabilité, le courage, l’authenticité et la honte.

Elle est professeure et chercheuse de l’Université de Houston Graduate College of Social Work. Elle a investi plus de 10 ans à l’étude de la vulnérabilité, du courage, de l’authenticité, et de la honte.

Elle a passé les 5 premières années de cette longue décade d’étude en se centrant sur la honte et l’empathie, et maintenant elle utilise ce travail pour explorer le concept qu’elle nomme « l’entière ouverture du coeur »  (Wholeheartedness). Elle pose les questions suivantes:

– Comment doit-on apprendre à accueillir nos vulnérabilités et nos imperfections de telle manière à  engager nos vies depuis l’essence, ce lieu d’authenticité et de grande valeur?

– Comment doit-on cultiver le courage, la compassion, et les relations humaines pour avoir besoin de reconnaître que nous sommes suffisant et valable pour l’amour, l’appartenance et la joie?

 

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